Au Burkina Faso, plus de 70% de la population a d'abord recours aux tradipraticiens. L'incorporation de l'Artemisia dans le protocole de soin contre la malaria soulève la nécessité de standardiser et de valider scientifiquement notre pharmacopée traditionnelle. Il est temps d'établir un dialogue sain entre recherche médicale moderne et savoirs ancestraux.
Un héritage aux multiples vertus
Depuis des générations, la flore locale a fourni des réponses efficaces à de nombreuses affections bénignes ou chroniques. Que ce soit pour les troubles digestifs, les inflammations ou les fièvres, le savoir-faire des tradipraticiens représente un patrimoine inestimable. Cependant, l'absence de posologies précises et de protocoles cliniques encadrés pose parfois des risques non négligeables pour les patients, en particulier en cas de toxicité ou d'interactions médicamenteuses.
Vers une intégration homologuée
Le ministère de la Santé, en collaboration avec l'Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS), a récemment lancé un vaste programme d'homologation. L'objectif est double : sécuriser l'utilisation des plantes et intégrer officiellement certaines préparations dans les centres de santé de base (CSPS).
Des chercheurs travaillent déjà sur l'identification des principes actifs de plusieurs plantes réputées pour leurs effets antihypertenseurs ou antidiabétiques.
« La médecine du futur en Afrique passera inévitablement par cette synergie. Nous ne devons pas opposer la nature au laboratoire, mais plutôt utiliser le laboratoire pour optimiser ce que la nature nous offre, »souligne un chercheur de l’IRSS.
Cette cohabitation réglementée pourrait non seulement améliorer l'accès aux soins, mais aussi valoriser le travail des praticiens traditionnels en les intégrant comme des acteurs légitimes du système de santé public.