Face à l'utilisation inquiétante et incontrôlée des pesticides dans les cultures maraîchères, de plus en plus de jeunes coopératives burkinabés se tournent vers l'agroécologie.
Ce Dossier Exclusif BSN24 démontre comment les techniques traditionnelles comme le Zaï, combinées à l'abandon des intrants chimiques, permettent d'obtenir des rendements équivalents tout en préservant la santé publique et l'environnement durablement.
Les dangers des pesticides non réglementés
Pendant des années, la course au rendement a encouragé l'utilisation de produits phytosanitaires chimiques, souvent toxiques et parfois interdits sur d'autres continents. Les conséquences sanitaires sont préoccupantes : augmentation des cas d'intoxications aiguës chez les agriculteurs, et présence de résidus chimiques dans les produits vendus sur les marchés de nos capitales. La santé digestive et nerveuse de la population est directement menacée.
L'essor des alternatives biologiques
Mais une révolution silencieuse est en marche. Soutenues par des ONG environnementales et des initiatives locales, des fermes urbaines et périurbaines prouvent que produire sans poison est non seulement possible, mais économiquement viable.
- La technique du Zaï : Une méthode ancestrale de récupération des terres dégradées qui maximise la rétention d'eau et permet d'utiliser du compost organique.
- Biopesticides naturels : L'utilisation d'extraits de neem (Azadirachta indica) ou d'ail pour éloigner efficacement les ravageurs sans polluer les nappes phréatiques.
- Cultures associées : Planter simultanément différentes espèces qui s'entraident (par exemple le maïs et le niébé) pour maintenir un sol riche et limiter la prolifération des insectes ciblés.
Un marché en pleine structuration
La demande citadine pour des légumes sains explose. De petits marchés certifiés biologiques font leur apparition à Ouagadougou. Toutefois, le grand défi reste la certification accessible et la structuration d'une chaîne logistique permettant à ces produits sains d'atteindre toutes les couches de la population sans être réservés à une élite. Manger bio n'est plus une utopie, c'est devenu une urgence vitale.