Santé mentale : briser enfin les tabous

La prise en charge psychologique peine à s'imposer face aux croyances mystiques. Enquête.

La maladie mentale est encore largement stigmatisée, souvent perçue comme la conséquence d'une possession ou d'un sort jeté. Notre enquête de la semaine met en lumière les efforts héroïques des psychiatres et psychologues qui tentent de démystifier la dépression et la bipolarité auprès de la population.

Le poids des croyances

Pendant longtemps, un étudiant sombrant dans une dépression ou un adulte développant des troubles anxieux sévères n'étaient pas dirigés vers le système de santé formel. La honte poussait les familles à cacher le malade formellement, ou à recourir exclusivement à des prières ou maraboutages.

Dans ce contexte, le retard de prise en charge dégrade dramatiquement le pronostic.

« Un trouble bipolaire diagnostiqué et traité précocement permet au patient de mener une vie parfaitement normale et productive. Laissé sans traitement, c'est le chaos social et familial assuré, »
alerte une psychologue clinicienne de Bobo-Dioulasso.

Une rédemption par la parole

Heureusement, la jeune génération brise la glace. Grâce aux réseaux sociaux, des témoignages poignants se libèrent. La santé mentale n'est plus un sujet honteux : c'est un problème médical légitime qui mérite compassion et soins appropriés.

Les autorités réagissent également en ouvrant des centres d'écoute communautaires, gratuits et anonymes. Ces structures constituent un premier pont entre des jeunes en détresse et le réseau psychiatrique professionnel.

La formation continue des médecins généralistes pour dépister rapidement les troubles de l'humeur est en plein essor. Il est urgent d'admettre qu'il n'y a pas de santé sans santé mentale. C'est à ce prix que de nombreuses vies brisées pourront être reconstruites avec dignité.

Écrit par le Docteur

Fondateur de BSN24, passionné par la santé publique et la prévention. Retrouvez mes analyses et conseils pour mieux comprendre votre santé au quotidien.

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